
Association Nationale de la Chèvre Miniature Française
PARATUBERCULOSE ou MALADIE DE JOHNE
La paratuberculose, également appelée maladie de Johne, est une maladie infectieuse chronique provoquée par la bactérie Mycobacterium avium subsp. paratuberculosis (MAP).
Elle touche principalement les ruminants et évolue généralement de manière lente et progressive.
Un animal infecté peut rester longtemps sans présenter de signe clinique tout en participant à la circulation de la bactérie au sein du troupeau.
COMMENT SE TRANSMET-ELLE ?
La contamination se produit principalement par voie oro-fécale : un animal infecté peut excréter la bactérie dans ses matières fécales et contaminer son environnement, l'eau ou les aliments.
Les jeunes animaux sont particulièrement sensibles à l'infection. La contamination peut notamment survenir au contact d'un environnement souillé ou par l'intermédiaire du lait ou du colostrum contaminé.
Une transmission de la mère au jeune avant la naissance est également possible, notamment chez les femelles fortement infectées.
La maîtrise de la contamination des chevreaux constitue donc un élément important dans les troupeaux atteints.
QUELS SONT LES SIGNES CHEZ LA CHÈVRE ?
La paratuberculose évolue généralement sur une longue période. Les animaux peuvent rester infectés sans présenter de symptômes pendant plusieurs années.
Chez les caprins atteints cliniquement, l'un des signes les plus caractéristiques est un amaigrissement progressif, parfois important, malgré une alimentation qui peut sembler correcte.
Une baisse d'état général ou de production peut également être observée. Contrairement à ce qui est classiquement décrit chez les bovins, la diarrhée n'est pas systématique chez les caprins et peut même être absente malgré une atteinte clinique.
À RETENIR : l'absence de symptômes ne permet pas de considérer qu'un animal est indemne. Certains animaux infectés peuvent rester longtemps asymptomatiques et l'excrétion de la bactérie peut être intermittente.
POURQUOI EST-ELLE DIFFICILE À MAÎTRISER ?
La paratuberculose est une maladie particulièrement insidieuse en raison de son évolution lente.
Entre la contamination d'un animal et l'apparition éventuelle de signes cliniques, une longue période peut s'écouler. Pendant cette période, l'infection peut rester difficile à détecter.
La bactérie peut également persister dans l'environnement, ce qui complique l'assainissement d'un troupeau infecté.
C'est pourquoi la maîtrise de la paratuberculose repose généralement sur plusieurs mesures complémentaires appliquées dans la durée, plutôt que sur un test ou une mesure unique.
COMMENT LA DÉPISTER ?
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour rechercher une infection par MAP.
-
La PCR, notamment réalisée à partir de matières fécales, recherche directement le matériel génétique de la bactérie et permet notamment de mettre en évidence des animaux excréteurs.
-
La sérologie ELISA, réalisée à partir d'un prélèvement sanguin, recherche la réponse immunitaire de l'animal vis-à-vis de l'infection.
Ces méthodes ont toutefois leurs limites, particulièrement aux premiers stades de l'infection.
ATTENTION !
Un résultat négatif ne permet donc pas toujours d'exclure définitivement une infection.
La répétition des analyses dans le temps et/ou l'association de différentes méthodes de dépistage peut donc être nécessaire selon l'objectif recherché et la situation sanitaire du troupeau.
L'âge de l'animal, son état clinique, le stade de l'infection et l'objectif du dépistage doivent être pris en compte pour interpréter les résultats.
Le choix des analyses et leur interprétation doivent être discutés avec le vétérinaire et le laboratoire. Dans certaines situations, la répétition des analyses dans le temps ou l'association de plusieurs méthodes peut être nécessaire.
PRÉVENIR L'INTRODUCTION DANS UN TROUPEAU
L'introduction d'un animal infecté constitue un risque important pour un troupeau.
Avant l'acquisition d'une chèvre, il est recommandé de se renseigner sur le statut sanitaire et les antécédents du troupeau d'origine, et pas uniquement sur le résultat d'un test réalisé ponctuellement sur l'animal.
Lorsqu'une démarche de maîtrise de la paratuberculose est mise en place, les introductions doivent être particulièrement raisonnées. L'isolement sanitaire des nouveaux animaux et la réalisation d'analyses adaptées peuvent également participer à la réduction du risque.
Que faire lorsqu'un troupeau est touché ?
La gestion de la paratuberculose doit être adaptée à chaque troupeau et mise en place avec le vétérinaire.
Elle peut notamment reposer sur la détection et la gestion des animaux infectés ou fortement excréteurs, la limitation de la contamination de l'environnement, la protection des jeunes animaux et une gestion rigoureuse des mises bas, du colostrum et du lait.
L'objectif est de réduire progressivement la circulation de MAP au sein du troupeau et l'exposition des jeunes animaux, particulièrement sensibles à l'infection.
Les mesures doivent être maintenues dans le temps : l'évolution lente de la maladie signifie qu'un programme de maîtrise peut nécessiter plusieurs années.
ET LES CHEVREAUX ?
Dans un troupeau infecté, les chevreaux constituent une population particulièrement importante à protéger.
La contamination de leur environnement par les matières fécales des adultes doit être limitée autant que possible. La gestion des mises bas, des contacts avec les adultes ainsi que du colostrum et du lait peut également être adaptée en fonction du statut sanitaire du troupeau.
Un protocole spécifique doit être établi avec le vétérinaire lorsque la paratuberculose est présente dans l'élevage.
EXISTE-T-IL UN TRAITEMENT ?
Il n'existe pas de traitement permettant d'éliminer de manière fiable l'infection par MAP chez un animal infecté.
La prise en charge repose donc principalement sur la prévention, le dépistage et les mesures de maîtrise sanitaire du troupeau.
La conduite à tenir pour un animal positif doit être déterminée en fonction de sa situation, de son état clinique et des objectifs sanitaires du troupeau avec le vétérinaire.
LA VACCINATION
Un vaccin contre la paratuberculose est aujourd'hui autorisé en France chez les ovins et les caprins. GUDAIR dispose d'une autorisation de mise sur le marché française depuis mai 2024. Il s'agit d'un médicament vétérinaire soumis à ordonnance dont l'administration est réservée au vétérinaire.
La vaccination vise à réduire les signes cliniques, le développement des lésions, l'excrétion fécale et la mortalité dues à MAP. Elle ne doit donc pas être présentée comme garantissant qu'un animal ne puisse pas être infecté ou transmettre la bactérie.
Le protocole actuellement autorisé prévoit une dose unique. Dans les troupeaux ou groupes atteints ou à risque, le RCP prévoit la vaccination de l'ensemble des individus, y compris les adultes. En général, une revaccination n'est pas nécessaire.
La vaccination peut provoquer une réaction locale au point d'injection, notamment la formation d'un gonflement ou d'un nodule. Ces réactions sont décrites comme très fréquentes dans le cadre RCP du vaccin et régressent généralement progressivement.
La vaccination peut par ailleurs interférer avec certaines méthodes de diagnostic utilisant les tuberculines. Sa mise en œuvre doit donc être décidée avec le vétérinaire dans le cadre de la stratégie sanitaire du troupeau.
IMPORTANT : la vaccination constitue un outil de maîtrise de la maladie. Elle ne remplace pas les mesures de biosécurité, la maîtrise des introductions, la protection des jeunes animaux et le suivi sanitaire du troupeau.
Pour aller plus loin : retrouvez nos informations générales sur la surveillance et la prévention sanitaire dans notre page > Suivi sanitaire.
La paratuberculose chez la chèvre miniature
La paratuberculose est aujourd'hui une préoccupation sanitaire croissante dans les élevages de chèvres miniatures.
L'ANCMF constate, à travers les échanges avec les éleveurs et les situations portées à sa connaissance, une augmentation des cas de paratuberculose identifiés au sein de la population miniature.
Il reste toutefois difficile d'en mesurer précisément la fréquence. Le dépistage de la paratuberculose n'étant pas systématiquement réalisé dans les élevages de chèvres miniatures, les données disponibles ne permettent actuellement pas d'établir une prévalence représentative de l'ensemble de la population française.
La longue phase asymptomatique de la maladie et les limites des méthodes de dépistage, notamment aux premiers stades de l'infection, peuvent également contribuer à sa circulation silencieuse au sein des troupeaux.
Dans ce contexte, l'ANCMF souhaite particulièrement sensibiliser les éleveurs à la prévention lors des introductions, à la connaissance du statut sanitaire des élevages d'origine et au dépistage raisonné des animaux, en concertation avec leur vétérinaire.
À RETENIR : l'absence de cas diagnostiqué dans un élevage ne signifie pas nécessairement que celui-ci est indemne de paratuberculose.
La connaissance du statut sanitaire repose sur une démarche de surveillance et de dépistage adaptée dans le temps.
RÉFÉRENCES REGLEMENTAIRES : Anses - Paratuberculose des ruminants : épidémiologie, diagnostic et maitrise ; ANMV/Anses - Résumé des caractéristiques du produits GUDAIR – Le vaccin possède une AMM française depuis le 15 mai 2024.
Consulter le RCP officiel de GUDAIR – ANMV/Anses