
Association Nationale de la Chèvre Miniature Française
LA CLHAMYDIOSE
La chlamydiose abortive est une maladie infectieuse provoquée par une bactérie, Chlamydia abortus.
Elle touche principalement les petits ruminants et est surtout connue pour provoquer des troubles de la reproduction, notamment des avortements. Bien que souvent appelée « avortement enzootique des brebis » ou « chlamydiose ovine », elle concerne également les chèvres.
L'infection peut passer inaperçue jusqu'à l'apparition de troubles de la reproduction.
L'absence de symptômes apparents ne permet donc pas, à elle seule, d'exclure une infection.
COMMENT SE TRANSMET-ELLE ?
La contamination est principalement liée à l’exposition à des matières infectées, notamment lors d’un avortement ou d’une mise bas. Le placenta, les enveloppes fœtales, les sécrétions et les produits d’avortement peuvent constituer d’importantes sources de contamination de l’environnement et des autres animaux. L’ingestion de matières contaminées constitue notamment une voie de transmission reconnue.
Une vigilance particulière est donc nécessaire lors d’un avortement, mais également lors des mises bas.
QUELS SONT LES SYMPTÔMES ?
La chlamydiose peut passer inaperçue jusqu’à l'apparition de troubles reproductifs.
Elle peut notamment être associée à :
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des avortements, particulièrement en fin de gestation ;
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des mort-nés ;
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la naissance de chevreaux faibles ;
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des lésions ou une inflammation du placenta ;
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parfois des écoulements vulvaires autour de l’avortement ou de la mise bas.
Une femelle infectée peut également mettre au monde un jeune apparemment sain.
A RETENIR : Un avortement n’est jamais spécifique d’une seule maladie.
De nombreuses causes infectieuses ou non infectieuses peuvent être responsables d’un avortement chez la chèvre. Des analyses sont nécessaires pour en rechercher l’origine.
COMMENT LA DEPISTER ?
Le diagnostic ne peut pas être établi sur les seuls symptômes.
En cas d’avortement, contactez votre vétérinaire, qui déterminera les prélèvements et analyses appropriés.
La recherche de Chlamydia abortus peut notamment reposer sur la mise en évidence de l’agent ou de son matériel génétique dans des prélèvements adaptés. L’OMSA* souligne d'ailleurs que les signes cliniques — avortement, mortinatalité ou naissance de jeunes faibles — ne sont pas spécifiques de la chlamydiose.
Lorsque cela est possible, le placenta et les produits d’avortement peuvent présenter un intérêt diagnostique important : évitez de les éliminer avant d’avoir demandé conseil à votre vétérinaire.
QUE FAIRE EN CAS D'AVORTEMENT ?
Un avortement doit conduire à mettre rapidement en place des mesures de précaution, avant même d’en connaître la cause.
Il est notamment recommandé de :
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isoler si possible la femelle ayant avorté ;
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empêcher les autres animaux d’accéder au placenta et aux produits d’avortement ;
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manipuler les produits de mise bas ou d’avortement avec des gants ;
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nettoyer et désinfecter le matériel et la zone concernés ;
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changer ou retirer la litière contaminée lorsque cela est possible ;
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contacter son vétérinaire afin d’évaluer la situation et l’intérêt d'analyses.
Ces précautions sont importantes à la fois pour limiter une éventuelle diffusion dans le troupeau et protéger les personnes présentes.
UNE ZOONOSE À PRENDRE AU SÉRIEUX
Chlamydia abortus peut infecter l’être humain.
La contamination humaine peut notamment survenir lors d’un contact avec des produits d’avortement ou de mise bas contaminés. Des infections humaines allant d'une infection peu symptomatique à un syndrome de type grippal ont été décrites.
Femmes enceintes : vigilance particulière
Le risque est particulièrement important pendant la grossesse. Des cas de placentite et d’avortement chez la femme liés à Chlamydia abortus d’origine ovine ou caprine sont documentés.
L’OMSA* recommande donc que les femmes enceintes ne soient pas exposées aux sources potentielles d’infection.
Cette précaution prend une importance particulière avec les chèvres miniatures, fréquemment détenues comme animaux de compagnie et vivant parfois en contact étroit avec les membres de la famille.
ATTENTION : Une femme enceinte ne devrait pas participer aux mises bas, manipuler un placenta, un avorton ou des sécrétions génitales, ni intervenir dans un environnement récemment contaminé par ces matières.
LA PRÉVENTION REPOSE AVANT TOUT SUR LA BIOSÉCURITÉ ET LA GESTION SANITAIRE DU TROUPEAU :
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surveiller les avortements et troubles reproductifs ;
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rechercher leur cause avec son vétérinaire ;
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isoler les femelles ayant avorté lorsque cela est possible ;
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éliminer les produits d’avortement selon les recommandations sanitaires ;
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nettoyer et désinfecter les zones contaminées ;
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prendre des précautions lors de l’introduction de nouveaux animaux ;
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connaître, autant que possible, l’historique sanitaire des animaux introduits.
La vaccination peut faire partie des mesures de maîtrise de la chlamydiose dans certaines situations. Des vaccins dirigés contre Chlamydia abortus peuvent notamment contribuer à réduire les avortements et l'excrétion de la bactérie.
La vaccination ne permet toutefois pas, à elle seule, d'éradiquer l'infection d'un troupeau.
Sa pertinence et les modalités applicables doivent être discutées avec le vétérinaire en fonction de la situation sanitaire de l'élevage et des médicaments vétérinaires autorisés et disponibles.
CHEZ LA CHEVRE MINIATURE :
À ce jour, l’ANCMF ne dispose pas de données suffisantes permettant d’évaluer la fréquence de la chlamydiose au sein de la population de Chèvres Miniatures Françaises.
Néanmoins, la chèvre est une espèce sensible à Chlamydia abortus et la maladie doit faire partie des causes infectieuses pouvant être recherchées lors d’avortements ou de troubles reproductifs.
A RETENIR : La proximité fréquente des chèvres miniatures avec l’humain renforce également l’intérêt de la prévention et de l’information concernant cette zoonose, particulièrement vis-à-vis des femmes enceintes.
*OMSA : Organisation Mondiale de la Santé Animale
Sources et références :
Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) — Avortement enzootique des brebis / Infection à Chlamydia abortus Code sanitaire pour les animaux terrestres — chapitre 14.4 : Infection à Chlamydia abortus Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres — chapitre consacré à l'infection à Chlamydia abortus.
Consulter : Fiche OMSA — Avortement enzootique des brebis / Chlamydiose
Consulter : Définition de cas OMSA 2026 — Chlamydia abortus