
Association Nationale de la Chèvre Miniature Française
LA BRUCELLOSE ou FIEVRE DE MALTE
La brucellose est une maladie infectieuse provoquée par des bactéries du genre Brucella.
Elle peut toucher différentes espèces animales ainsi que l'être humain : il s'agit donc d'une zoonose.
Chez les ovins et les caprins, Brucella melitensis constitue l'une des principales espèces responsables de la maladie. La brucellose fait l'objet d'une surveillance réglementée en raison de ses conséquences sanitaires, économiques et de son importance pour la santé publique.
COMMENT SE TRANSMET-ELLE ?
Chez les caprins, la contamination est particulièrement liée aux sécrétions et matières provenant d'animaux infectés, notamment lors de la mise bas ou d'un avortement.
Les produits d'avortement, le placenta, les sécrétions génitales ou encore l'environnement contaminé peuvent participer à la transmission de la bactérie.
Un animal infecté peut ainsi contribuer à contaminer son environnement et les autres animaux du troupeau.
QUELS SONT LES SIGNES CHEZ LA CHÈVRE ?
La brucellose peut évoluer sans signe clinique évident. Lorsqu'ils sont présents, les troubles concernent principalement la reproduction.
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Chez les femelles, elle peut notamment provoquer des avortements, des mises bas prématurées ou la naissance de jeunes faibles ou morts.
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Chez les mâles, une atteinte de l'appareil génital peut également être observée.
L'absence de symptômes visibles ne permet donc pas, à elle seule, d'exclure une infection.
UNE MALADIE TRANSMISSIBLE À L'HOMME
La brucellose est une zoonose. L'être humain peut notamment être exposé lors de contacts avec des animaux infectés, leurs sécrétions ou des produits d'avortement, mais également par la consommation de lait cru ou de produits laitiers contaminés.
Une attention particulière doit donc être portée lors de la manipulation d'une chèvre ayant avorté, d'un fœtus, du placenta ou de matériaux souillés.
À RETENIR : en cas d'avortement, évitez de manipuler sans protection le fœtus, le placenta et les matières souillées. Certaines causes d'avortement chez les caprins peuvent être transmissibles à l'être humain.
QUELLE EST LA SITUATION EN FRANCE ?
La France bénéficie depuis 2021 du statut officiellement indemne de brucellose des ovins et caprins.
Ce statut ne signifie toutefois pas que toute surveillance peut être abandonnée. La réglementation française maintient un dispositif destiné notamment à détecter d'éventuels foyers, surveiller les troupeaux et conserver leur qualification sanitaire.
PROPHYLAXIE ET SURVEILLANCE DES TROUPEAUX
La brucellose ovine et caprine fait l’objet d’un dispositif réglementé de surveillance et de prophylaxie.
Celui-ci vise notamment à maintenir la qualification sanitaire des troupeaux et à permettre la détection d’une éventuelle réapparition de la maladie.
Les modalités de surveillance et de contrôle dépendent de la situation sanitaire et de la qualification du troupeau.
Elles comprennent notamment la surveillance des avortements ainsi que les contrôles sanitaires prévus par la réglementation.
Les modalités applicables au troupeau doivent être suivies conformément aux indications du vétérinaire sanitaire et des organismes sanitaires compétents.
IMPORTANT : détenir des chèvres miniatures uniquement comme animaux d'agrément ne les soustrait pas au dispositif sanitaire applicable aux caprins.
L'arrêté définit comme détenteur toute personne responsable d'ovins ou de caprins, de façon permanente ou temporaire.
EN CAS D'AVORTEMENT
La surveillance des avortements constitue un élément essentiel du dispositif de détection de la brucellose.
Lorsqu'un détenteur constate un avortement ou des symptômes pouvant évoquer une infection brucellique, la réglementation prévoit notamment :
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l'isolement de l'animal concerné ;
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l'élimination des produits d'avortement par le circuit de l'équarrissage ;
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l'exclusion de la consommation humaine ou animale du lait et du colostrum de la femelle ayant avorté ;
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l'inscription de l'événement au registre d'élevage conformément aux dispositions applicables ;
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l'information des autorités et du vétérinaire sanitaire dans les conditions prévues par la réglementation.
Pour les avortements, la déclaration au directeur départemental chargé de la protection des populations et au vétérinaire sanitaire doit être effectuée lorsque trois avortements ou plus sont constatés sur une période de sept jours ou moins.
Le vétérinaire sanitaire évalue alors le contexte clinique et épidémiologique et réalise les prélèvements nécessaires, qui sont transmit à un laboratoire agréé selon les modalités prévues par le dispositif de surveillance.
Un avortement ne signifie pas automatiquement brucellose. De nombreuses autres causes sont possibles. Il constitue néanmoins un événement sanitaire qui ne doit pas être banalisé.
QUALIFICATION SANITAIRE DU TROUPEAU
La réglementation prévoit une qualification sanitaire des troupeaux vis-à-vis de la brucellose.
Son acquisition et son maintien reposent sur plusieurs conditions concernant notamment l'identification des animaux, la surveillance des avortements, le statut sanitaire des animaux introduits et les contrôles sanitaires prévus par le dispositif de prophylaxie.
Lors de l'acquisition d'une chèvre, il est donc important de connaître son origine et le statut sanitaire du troupeau dont elle provient, et de conserver les documents sanitaires nécessaires. Les modalités précises pouvant dépendre de la situation du troupeau, le détenteur doit se rapprocher de son vétérinaire sanitaire et, si nécessaire, de son GDS ou de l'autorité sanitaire compétente.
POURQUOI RESTER VIGILANT ?
Le statut officiellement indemne obtenu par la France est le résultat d'un dispositif de surveillance et de lutte conduit sur le long terme.
Le maintien de ce statut repose notamment sur la surveillance des troupeaux, la maîtrise des mouvements d'animaux et la capacité à détecter rapidement une éventuelle réapparition de la maladie.
Pour aller plus loin :
Retrouvez nos informations générales sur la surveillance et la prévention sanitaire dans notre page > Suivi sanitaire.
RÉFÉRENCES Arrêté du 10 octobre 2013 fixant les mesures techniques et administratives relatives à la prophylaxie collective et à la police sanitaire de la brucellose ovine et caprine — texte toujours en vigueur.